Entendement (nom masculin, subst. masculin)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| Nom masculin |
XII e siècle. Dérivé d' entendre.
1. Aptitude à comprendre. C'est un homme de médiocre
2. Faculté de comprendre, par opposition aux sensations, à l'imagination.
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Nom masculin |
Philosophie
Faculté par laquelle l'esprit conçoit. "L'entendement humain. L'entendement, la mémoire et la volonté sont trois facultés distinctes. Les premières opérations de l'entendement."
Il signifie aussi, soit dans le langage philosophique, soit dans le langage courant, Aptitude à comprendre. "C'est un homme de petit
Dictionnaire d'Emile Littré
| Subst. masculin |
1 L'esprit considéré en tant qu'il conçoit.
DESC.: « Notre imagination ni nos sens ne nous sauraient jamais assurer d'aucune chose si notre
BOSSUET: « L'
BOSSUET: « Une certaine vertu qui captive les
MALEBR.: « J'appelle la faculté ou la capacité qu'a l'âme de recevoir différentes idées et différentes modifications,
DIDEROT: « C'est moins dans l'
CONDILLAC: « Comme l'oreille entend les sons, l'âme entend les idées, et on dit l'
CONDILLAC: « L'
2 Bon esprit, jugement, sens. C'est un homme d'entendement. Il faut avoir perdu l'
MALH.: « Mon
LA FONT.: « L'oiseau chasseur lui dit [au chapon] : ton peu d'
HISTORIQUE
XIIème siècle
Job, p. 495: Cant [quand] par l'avenement del Saint Espir vient el corage de chascun de nos [nous] savoirs et entendemenz, conselz et force, science et pieteiz
Liber psalm. p. 193: Dune à mei
XIIIème siècle
Psautier, f° 39: Por ce, vous autre ome, ne voulliez mie estre fait si comme chevaus et muls à cui entendemenz n'est mie
la Rose, 8369: Bien doit estre amés et prisiés Valès [jeune-homme] de noble
BEAUMANOIR: « Et por fere plus cler
BEAUMANOIR: « Toutes les fois que paroles sont dites, lesqueles paroles ont plusors entendemens, on doit penre le meillor
XIVème siècle
ORESME: « Chascun qui est raisonnable et a bon
ORESME: « La plus noble chose qui soit en nous et en laquelle nous passons les bestes, c'est en
XVème siècle
JUVENAL: « Et estoit grand pitié à gens d'
COMM.: « Et luy avoit Dieu troublé le sens et l'entendement »
COMM.: « Le temps qu'il [Louis XI] reposoit, son
XVIème siècle
PARÉ: « Ils sont adextres d'
ÉTYMOLOGIE
Entendre ; provenç. entendemen ; catal. entendiment ; espagn. entendimiento ; ital. intendimento.
Signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Subst. masculin |
Faculté par laquelle l'âme conçoit. "L'
Il signifie aussi, Sens, jugement, bon esprit. "C'est un homme d'entendement. C'est un homme de petit
Ancienne définition de 1798 (Académie Française)
| Subst. masculin |
Faculté de l'âme, par laquelle elle conçoit. "L'
Il signifie aussi, Sens, jugement, bon esprit. "C'est un homme d'entendement. C'est un homme de petit
Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
Puissance, faculté de l'ame, par laquelle elle conçoit, connoît & comprend. "L'
Il signifie aussi, Sens, jugement, bon esprit. "C'est un homme d'entendement. C'est un homme de petit
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
ENTENDEUR, s. m. ENTENDRE, v. act. ["Antandeman", "deur", "dre": 2e lon. 3e "e" muet au 1er et au dern.] I. "Entendement", est 1°. la faculté de l'âme, par laquelle elle conçoit. '"L'entendement" humain: les opérations de "l'entendement".
- 2°. Jugement, bon-esprit. 'Avoir ou n' avoir pas "de l'entendement". 'C'est un homme d'"entendement" ou "de petit
II. ENTENDEUR, qui entend et conçoit bien. Il ne s'emploie que dans ces phrâses proverbiales. '"À~ bon entendeur salut"
- "à bon entendeur peu de paroles".
III. ENTENDRE a diférens sens; "ouir", "comprendre", "prétendre", "consentir". Voitûre renferme deux de ces significations dans la même phrâse. 'Il n'y a pas une dame qui ait "si bien entendu la galanterie", ni "si mal entendu" les galans.
- Ce jeu de mots paraitra à plusieurs de mauvais goût.
ENTENDRE, difère d'"écouter" et d'"ouïr", en ce que, "entendre" c'est être frapé des sons; "écouter", c'est prêter l'oreille pour les entendre; "ouïr" difère d'"entendre" en ce qu'il marque une sensation plus confûse. Quelquefois "on n'entend pas", quoiqu'on "écoute", et souvent on "entend" sans "écouter", et l'on "écoute" sans "entendre". Quelquefois aussi on a "ouï" parler sans "avoir entendu" ce qui a été dit. 'Il est souvent à propos de feindre de ne pas "entendre". Il est malhonête d'"écouter aux portes". Pour répondre juste, il faut "ouïr" distinctement. GIR. "synon." 'Votre solution me proûve que vous "m'avez entendu", (compris) ou plutôt que vous "m'avez écouté", car vous n' avez besoin que d'"écouter" pour "entendre". J. J. ROUSS.
REM. "Entendre", ouïr, régit les verbes à l'infinitif, sans préposition; mais il n'a ce régime qu'à l'actif; il ne l'a pas, quand il est employé au passif. Au lieu de dire avec le P. "Charlevoix". 'Ils "furent entendus prononcer les" Saints Noms de Jesus et de Marie, dites: on "les entendit prononcer", etc. Un Auteur très-moderne, en employant ce régime des verbes, met les noms au datif. 'Les Évêques protecteurs de l'Hérésiarque "lui entendoient" froidement "proférer" ces erreurs. "Berault de Bercastel". Il faut, l'"entendoient proférer", etc. 'Les Peres "lui entendoient pousser" de profonds soupirs. "Vie" de St. "P. d'Alc. l'entendoient pousser".
- Il n'a ce régime qu'avec les verbes "dire", "raconter", etc. Je "lui ai entendu dire", "raconter", etc. = "Entendre", prétendre, a le même régime, l'infinitif. 'Je "n'entends point parler" à ceux qui, etc. je ne prétends point parler, etc. mon dessein n'est pas de parler, etc.
ENTENDRE, neutre, et avec la prép. "à" pour régime, signifie "consentir". 'Le Duc de Weymar promit de "n'entendre à" aucun acomodement, etc. "Reboulet". Il ne se dit qu'avec la négative ou avec le "si" de doute. 'Cet honneur plaidait sa caûse dans mon âme, tandis que la cupidité plaidait la siène... je "ne savais auquel entendre". '"S'il" veut "entendre à" ce mariage, "s'il y" veut "entendre", etc. 'Il "n'y veut" point "entendre".
ENTENDRE, vouloir, avoir intention, régit "que" avec le subjonctif. '"J'entends que" vous le "fassiez". Quand il est au prétérit, on met le verbe régi au futur conditionel. '"J'ai" toujours "entendu que" vous le "feriez".
- Il n'est pas du style élevé.
S'ENTENDRE, s'acorder régit "avec" ou "ensemble" pour les noms et la prép. "pour" devant les verbes. "Voiture" a employé la prép. "à". 'Vous "vous êtes entendu avec" elle "à" me "nuire". Dites "pour me nuire".
- Ce régime de la prép. "à" apartient à "s'entendre", signifiant "se conaître à", "être habile", "exercé à", etc. 'Il "s'entend à conduire" un procès comme "à ramer" des choux. Style proverbial.
ENTENDRE entre dans plusieurs expressions familières ou proverbiales. On dit, "entendre la Messe", pour assister à la Messe.
- "Entendre à demi-mot", comprendre facilement, sans avoir besoin d'une grande explication.
- "Entendre finesse" ou "malice à" quelque chôse, y doner un sens fin "ou" malin.
- N'"entendre ni rime ni raison", refuser par humeur de se rendre à ce qu'on propôse de plus raisonable.
- "Doner à entendre", "laisser entendre", insinuer.
- Je "m'entends bien": Je sais ce que je veux dire.
- "Entendons-nous", écoutons ce que chacun de nous dit, "ou bien", comprenons bien les intentions les uns des aûtres, ou "encôre", agissons de concert.
- "Comment l'entend-il?" "Comment l'entendez-vous?" De quel droit fait-il, dit-il cela: le faites-vous, le dites-vous?
- "Cela s'entend", "cela s'entend bien". Cela se supôse ainsi, cela doit être ainsi, cela n'est pas douteux. = "À~ l' entendre", adv. '"À~ l'entendre", rien n'étoit jamais dificile. "Télém." 'Il semble "à l' entendre", que je demande quartier. "Boss."
On dit, proverb., "ils s'entendent comme larrons en foire", ils sont d'intelligence dans cette afaire. Cela se prend en mauvaise part.
- Il "s'entend à cela", "comme à faire un cofre". On fait tant de bruit, "qu'on n'entendroit pas Dieu toner".
- "Il n'y a pas de pire sourd, que celui qui ne veut pas entendre".
Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)
Puissance, faculté de l'ame, par laquelle elle conçoit, connoist & comprend. "L'
Il signifie aussi, Sens, jugement, esprit. "C'est un homme d'entendement. c'est un homme de petit
Emplacement dans le dictionnaire :
| entailler entame entamer entaquer entassement entasser ente | entées entement entendeur entendre entendu entente | enter entériner entérique entérite entéro-mésentérique entéro-mésentérite enterobacteries |
Quelques citations relatives :
Citation n°1 de Jean MORÉAS (Les Stances)...je touche au ciel, faut-il que je ressemble aux plus abandonnés ! 2e LIVRE (XV) Esprit astucieux, adorable puissance, qui sans cesse guides ma main sur la corde sonore et nargues l'innocence de mon entendement humain, ah ! Ne te lasse point d'éclairer les ténèbres de ma vie au sombre détour, et de faire germer dans ses fentes funèbres ces fleurs plus belles que le jour. 2e LIVRE (XVI) Eau printanière,...
Citation n°2 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)
...nous avons écarté tout ce qui se prête trop aux jugements personnels et aux appréciations subjectives, afin d'atteindre certains faits de structure sociale assez profonds pour pouvoir être objets d'entendement, et, par conséquent, de science. En même temps, nous nous sommes fait une loi de renoncer à la méthode trop souvent suivie par les sociologues qui, pour prouver leur thèse, se contentent de citer...
Citation n°3 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)
...d'elle-même dès que les hommes en auront pris conscience ? Mais nous avons beau savoir que le soleil est un globe immense, nous le voyons toujours sous l'aspect d'un disque de quelques pouces. L'entendement peut bien nous apprendre à interpréter nos sensations ; il ne peut les changer. Du reste, l'erreur n'est que partielle. Puisque ces sentiments sont collectifs, ce n'est pas nous qu'ils représentent...
Citation n°4 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)
...qui ne peut être dépassée impunément, et comme elle varie avec le cerveau moyen, elle était particulièrement basse au début de l'humanité ; par conséquent, elle eût été vite atteinte. De plus, l'entendement n'est qu'une de nos facultés. Elle ne peut donc s'accroître au delà d'un certain point qu'au détriment des facultés pratiques, en ébranlant les sentiments, les croyances, les habitudes dont nous...
Citation n°5 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)
...remarqué que la civilisation avait une tendance à devenir plus rationnelle et plus logique ; on voit maintenant quelle en est la cause. Cela seul est rationnel qui est universel. Ce qui déroute l'entendement, c'est le particulier et le concret. Nous ne pensons bien que le général. Par conséquent, plus la conscience commune est proche des choses particulières, plus elle en porte exactement l'empreinte,...
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